Les diamants de sang ne sont pas la clef de la reprise économique du Zimbabwe

La suspension du Zimbabwe du Processus de Kimberley est essentielle

le 3 août 2009

Cinq mois après la parution, en mars 2009, de son rapport sur les horreurs du commerce
des diamants au Zimbabwe, Zimbabwe, Diamonds and the Wrong Side of History,
Partenariat Afrique Canada (PAC) se réjouit de la recommandation de l’équipe du
Processus de Kimberley (PK) qui a mené la mission au Zimbabwe, de suspendre ce pays
du PK, l’organisme mondial de réglementation des diamants.

Le rapport de mission de l’équipe, cité récemment dans des médias, confirme les
conclusions du rapport de PAC, y compris l’importante contrebande de diamants et
l’assassinat de plusieurs dizaines de mineurs artisanaux de diamants par l’armée du
Zimbabwe en octobre 2008, lorsqu’elle a pris le contrôle des champs diamantifères de
Marange, dans l’est du pays. Les revenus provenant des diamants du Zimbabwe aident à
soutenir le régime répressif et violent du gouvernement de Robert Mugabe, et les
militaires semblent déterminés à garder le contrôle de la production de diamants de
Marange pour combler leurs propres besoins, et ce sans tenir compte de ceux de la
population locale.

Selon PAC, les diamants ne peuvent agir comme levier de la reprise économique du
Zimbabwe. « La valeur totale des exportations de diamants du Zimbabwe pour l’ensemble
de l’année 2008 n’a été que de 33 millions de dollars US, ce qui signifie que l’embargo par
le PK sur les diamants du Zimbabwe n’empêcherait pas une éventuelle reprise
économique, » dit Bernard Taylor, directeur général de Partenariat Afrique Canada. « Les
arguments des dirigeants politiques du Zimbabwe voulant que les diamants soient la clef
de la reprise économique du pays sont basés sur des chiffres de production de diamants
délibérément gonflés et ne sont que de la poudre aux yeux, » dit-il.

PAC demande la suspension du Zimbabwe du Processus de Kimberley depuis décembre
2008, moment où les premiers rapports relatant les abus des droits de la personne ont été
publiés, et où d’autres indications démontraient que le Zimbabwe avait perdu le contrôle
de son industrie diamantifère. « Sans vouloir nuire au pays, la suspension est l’un des
seuls outils que le Processus de Kimberley possède pour encourager ses pays membres à
entreprendre les réformes nécessaires afin de satisfaire aux exigences minimales du
système de certification du Processus de Kimberley, et ainsi se conformer afin de joindre
de nouveau l’organisme mondial de réglementation des diamants, » soutient Susanne
Emond, de Partenariat Afrique Canada.

PAC réitère aussi sa demande au Processus de Kimberley d’adopter et de mettre en place
un protocole clair et efficace pour lutter contre les abus grossiers des droits de la
personne commis par ses pays membres dans la gestion de leur industrie diamantifère.
« Il incombe aux membres du Processus de Kimberley de prendre des mesures efficaces
pour empêcher que les diamants « entachés » ne s’infiltrent dans le flux des diamants
« propres » du monde, » dit Bernard Taylor de PAC. « Le cas du Zimbabwe est un test
pour le Processus de Kimberley qui doit démontrer au monde entier qu’il se soucie des
droits de la personne et qu’il travaille dans le but de garder la confiance des
consommateurs en la pureté de diamants. »

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Pour de plus amples renseignements, veuillez vous adresser à :
Bernard Taylor : + 1-613-237-6768 poste 3 (français et anglais)
Susanne Emond : + 1-613-237-6768 poste 4 (français et anglais)

Notes :
Le Processus de Kimberley (PK) est un système de certification des diamants bruts dirigé
par des gouvernements et créé dans le but de prévenir et de mettre un terme au commerce
des diamants de guerre qui ont mené à la mort et au déplacement de millions de
personnes en Angola, en Sierra Leone, en RDC, au Libéria et en Côte d’Ivoire. Les États
membres sont tenus d’adopter des législations nationales et de mettre en place un système
de contrôle des importations et des exportations qui permettent de mettre en œuvre le PK.
Plus de 75 pays qui produisent et qui font le commerce des diamants participent à ce
processus.

Partenariat Afrique Canada est une organisation non gouvernementale canadienne qui a
été impliquée dans les efforts visant à enrayer le commerce des diamants de guerre depuis
1999. Vous trouverez tous les rapports de PAC sur les diamants à l’adresse suivante :
www.pacweb.org