Pendant plusieurs années, les villages de Bongonza et de Bayeu situés dans le territoire de Banalia dans la province de la Tshopo, en République démocratique du Congo, faisaient face à une exploitation semi-industrielle de l’or dont ils ne tiraient que très peu de bénéfices.

Cette exploitation aurifère a connu une expansion majeure depuis 2020, avec l’arrivée d’opérateurs miniers opérant au moyen de nombreux engins lourds installés directement au sein des communautés locales. Cette exploitation, n’offre aucun avantage aux populations, faute d’encadrement, de gouvernance locale structurée et de mécanismes permettant de défendre leurs droits. Elle a en outre provoqué une dégradation accélérée de l’écosystème, affectant directement les terres et les moyens d’existence des habitants.

Avant le projet Favoriser la résilience, financé par la Suède, les communautés de Bongonza et Bayeu ne disposaient d’aucune structure locale formelle pour assurer la gestion de leur écosystème, la planification du développement, ou encore la coordination des initiatives communautaires, ce qui limitait leur capacité à faire face aux impacts de l’exploitation minière artisanale et semi-industrielle et aux effets du changement climatique. L’absence de mécanisme de prise de décision rendait difficile l’organisation collective, la résolution des conflits et la participation inclusive de tous les groupes sociaux. Cela a également empêché la communauté de s’organiser collectivement et de plaider auprès des d’opérateurs miniers pour qu’elles respectent ses droits et lui accordent des avantages.

C’est précisément pour combler ce vide institutionnel qu’IMPACT et ses partenaires comme OCEAN dans la province de la Tshopo, accompagnent ces communautés dans la mise en place de Comités Locaux de Développement (CLD) légalement reconnus. Le renforcement des capacités des membres ont permis de doter les villages d’une gouvernance locale structurée, transparente et capable d’assurer la gestion durable des ressources naturelles ainsi que le pilotage autonome des actions de développement.

L’exploitation minière a fortement dégradé l’environnement local en causant la pollution des eaux, la destruction des écosystèmes et les érosions des sols compromettant les moyens de subsistance et exposant les communautés à des risques sanitaires accrus. Elle a aussi intensifié les conflits fonciers, l’insécurité et les tensions sociales autour des sites miniers. Dans ce contexte, l’appui d’IMPACT et d’OCEAN était essentiel pour renforcer la gouvernance communautaire et aider les villages à protéger leurs ressources et leur résilience.

Le projet a soutenu de manière concrète, en mai 2025, la mise en place des Comités Locaux de Développement (CLD) dans les villages de Bongonza et Bayeu en combinant un appui juridique structuré, un accompagnement organisationnel et un renforcement ciblé des capacités communautaires. Cette intervention a débuté par l’animation de séances d’élaboration participative des statuts et règlements intérieurs, suivies de leur validation en assemblée générale et de la signature officielle par les membres des CLD. Ils ont ensuite appuyé la légalisation de ces documents auprès des services provinciaux compétents, garantissant ainsi la reconnaissance formelle des structures. Parallèlement, IMPACT et OCEAN ont dispensé des formations portant sur les rôles et responsabilités des organes de gouvernance, les droits et obligations des membres, ainsi que les procédures internes de gestion des conflits. Cet appui intégré a permis aux communautés de se doter d’organes de gouvernance légitimes, fonctionnels et capables d’assurer une gestion autonome et transparente du développement local.

« Avec les documents juridiques de notre CLD obtenus grâce au soutien d’IMPACT et son partenaire OCEAN, nous les communautés de Bongonza, nous avons des outils juridiques qui vont nous permettre de réclamer nos droits auprès des entreprises et coopératives minières qui exploitent dans notre village de Bongnoza », dit M. MALOMBI MONZONGO John, Président du CLD de Bongonza.

Une fois reconnus officiellement, les deux CLD ont rapidement pu s’engager dans un dialogue formel avec les opérateurs miniers. En quelques mois seulement, les bénéfices pour la communauté se sont fait sentir :

  • La construction d’une école, aujourd’hui en cours d’achèvement à Bongoza et Bayeu
  • L’acquisition d’une décortiqueuse de riz pour les ménages producteurs de riz, qui permet de transformer le riz Paddy en riz blanc et d’apporter une valeur ajoutée au produit. Cette décortiqueuse est un service à prix réduit offert par le CLD.

Ces premières réalisations sont le fruit des efforts déployés par les CLD pour dialoguer avec les acteurs miniers opérant dans la zone. Jusqu’alors, leur présence et leurs activités, menées de manière peu documentée et à un rythme soutenu, n’apportaient pas de retombées significatives aux communautés locales. Grâce à leur reconnaissance officielle, les CLD ont pu engager un dialogue formel avec ces opérateurs, les obligeant à compenser partiellement les impacts de l’exploitation. L’école répond à un besoin social prioritaire exprimé par les villages, tandis que la décortiqueuse de riz soutient une activité essentielle pour les ménages producteurs et génère une valeur ajoutée locale. Ces acquis illustrent les effets concrets de la gouvernance communautaire soutenu par IMPACT et OCEAN.

Des communautés désormais actrices de leur développement

Aujourd’hui, les communautés disposent d’organes de gouvernance capables de continuer à défendre leurs droits et à négocier avec les acteurs économiques présents sur leur territoire.

Grâce à leur reconnaissance officielle et à leur capacité nouvellement renforcée, les CLD de Bongonza et Bayeu sont aujourd’hui pleinement autonomes dans la défense des intérêts de leurs communautés. Ils disposent d’un mandat clair, des documents juridiques légalisés et d’une légitimité qui leur permettent de négocier avec les opérateurs miniers, d’assurer le suivi des engagements pris, de planifier et d’orienter le développement local et de pérenniser les acquis du projet.

Cette transformation marque un tournant majeur : les communautés sont passées d’un statut de populations subissant l’exploitation minière à celui d’acteurs capables d’influencer et de négocier des investissements structurants. L’expérience des villages de Bongonza et de Bayeu démontre qu’un renforcement juridique, organisationnel et technique des structures communautaires constitue un pilier essentiel de la résilience.

Le projet Favoriser la résilience a contribué à améliorer la participation des communautés par le renforcement des compétences dans la gestion des écosystèmes et a augmenté leur pouvoir d’agir sur leur propre développement assurant la prise en compte de leurs intérêts en vue d’un changement durable et équitable.