Arguments en faveur d’une amélioration des moyens de subsistance des femmes pour mettre fin au travail des enfants dans le secteur du cobalt en République démocratique du Congo
En République démocratique du Congo (RDC), les communautés entourant les mines artisanales de cobalt vivent dans des conditions d’extrême pauvreté, avec seulement quelques dollars par jour¹.
Dans bien des cas, les femmes sont le principal soutien financier du ménage², mais peinent à joindre les deux bouts. Nombreuses sont les familles qui ne mangent pas à leur faim. Quand il n’y a plus d’issue possible, les enfants prennent le chemin de la mine, ce qui entraîne une dépendance envers leur revenu pour subvenir à des besoins essentiels comme la nourriture.
La communauté internationale considère l’exploitation minière artisanale comme l’une des pires formes de travail des enfants auxquelles il faut mettre fin immédiatement³. En RDC, le travail des enfants de moins de 18 ans est régi par un cadre législatif qui interdit toute tâche susceptible de causer des préjudices physiques ou de poser un risque pour la santé et la sécurité⁴. Dans ce contexte, le secteur privé s’est concentré à trouver des sources alternatives de cobalt tout en tentant d’empêcher les enfants de venir travailler dans les mines, par exemple en érigeant des clôtures, en aménageant des points d’accès et en organisant des patrouilles⁵.
Malheureusement, ces mesures ne remédient pas aux causes profondes du problème. Elles ne font que refouler les enfants vers d’autres zones ou secteurs où ils sont parfois exposés à un risque accru.
Comme les mères sont souvent les principaux soutiens de famille et qu’elles doivent s’occuper des enfants, c’est leur salaire à elles qu’il faut accroître afin qu’elles aient une sécurité financière et qu’elles n’aient pas à dépendre du revenu de leurs enfants. Nous devons investir dans les femmes et favoriser l’acquisition de compétences et lever les obstacles au travail des femmes et à l’égalité femmes-hommes sur les sites miniers, mais aussi veiller à ce que les femmes aient leur mot à dire dans les décisions touchant la vie familiale.