Dans le village de Mukoma, situé dans le groupement Mwilu Kwembe en province du Lualaba, des initiatives locales transforment progressivement la vie des femmes vivant dans un environnement marqué par l’exploitation minière artisanale. Parmi ces femmes, le parcours de LUSOMBOGO MWANYA Dorcas illustre de manière concrète l’impact des formations professionnelles sur l’autonomisation économique et sociale. Mère d’un jeune enfant, Dorcas faisait face à une réalité difficile : des revenus instables et une forte vulnérabilité socio-économique, accentuée par la prédominance des activités minières dans sa communauté. Dans ce contexte, l’accès à des alternatives économiques sécurisées et durables restait limité.
C’est dans cette dynamique que le projet Sa Sécurité, mis en œuvre par IMPACT en collaboration avec l’ONG Bon Pasteur, a offert à Dorcas une opportunité déterminante : intégrer une formation en coupe et couture. Cette initiative visait à doter les femmes de compétences pratiques leur permettant de sortir de leur dépendance à l’économie minière.
« Grâce à cette formation, j’ai compris que je pouvais apprendre un métier et travailler autrement. Aujourd’hui, je me sens capable de soutenir ma famille sans dépendre des activités minières », témoigne Dorcas.
Grâce à sa participation active, Dorcas a bénéficié d’une formation technique qualifiante, combinant apprentissage théorique, pratique intensive et encadrement continu. Adaptée aux réalités des femmes vivant dans les zones minières, cette formation lui a permis de développer progressivement ses compétences, tout en renforçant sa confiance en elle. Au fil du programme, elle a non seulement maîtrisé les techniques de couture, mais elle a également élargi ses perspectives en matière de génération de revenus. Cette évolution personnelle et professionnelle lui permet aujourd’hui de jouer un rôle plus actif au sein de son foyer et de contribuer de manière significative à son économie familiale.
Un impact au-delà de l’individu

Le parcours de Dorcas dépasse son expérience individuelle. Il illustre une transformation plus large qui touche l’ensemble des bénéficiaires du projet. Au total, 262 femmes et adolescentes ont été formées dans différentes filières techniques en 2025. La couture s’est imposée comme la filière la plus prisée, avec 165 adolescentes et 47 femmes formées. L’esthétique a concerné 20 adolescentes et 5 femmes, tandis que la restauration et la pâtisserie ont attiré 25 adolescentes. Ces chiffres témoignent d’un réel engouement pour des métiers accessibles, porteurs et adaptés au contexte local. Ils confirment également la pertinence des choix opérés en amont, en identifiant des filières capables de générer des revenus tout en répondant aux aspirations des participantes.
Au-delà des compétences acquises, le parcours de Dorcas met en lumière un enjeu majeur : la réduction de la dépendance des ménages aux activités à risque, notamment celles liées à l’exploitation minière et au travail des enfants. En offrant des alternatives économiques concrètes, le projet Sa Sécurité contribue à renforcer la résilience des communautés et à construire des trajectoires de vie plus sûres et plus durables.
Aujourd’hui, Dorcas incarne cette transition. Son histoire témoigne non seulement d’un changement individuel, mais aussi d’un mouvement collectif vers l’autonomisation des femmes dans les zones minières. À Mukoma, comme ailleurs, ces initiatives démontrent que l’accès à des compétences et à des opportunités peut transformer durablement les vies et ouvrir la voie à un avenir plus stable et plus digne.
